Réformer l’éducation en Afrique (5): Cours et infrastructures
- Dotse

- 5 nov. 2021
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Si les cours diffusés dans le cadre d’une instruction publique témoignent souvent de l’orientation politique, historique et culturelle d’un peuple, les moyens investis dans les infrastructures destinées à l’éducation nationale témoignent par contre de la place que le politique accorde à l’érudition de la nation qu’il gouverne.
Le cas de l’éducation africaine est assez hilarant parce qu’elle revêt un aspect assez abrutissant, en même temps que l’état des infrastructures démontre une volonté de maintien du peuple dans un sous-développement culturel et intellectuel. Il s’agira sans doute dans cet article d'enfoncer des portes ouvertes en dénonçant des faits déjà bien connus et déjà dénoncés. Toutefois, la persistance du problème nous fait croire qu’il n'est pas encore inutile d’en parler.
En ce qui concerne les infrastructures, il est de fait constant que leur vétusté et leur manque nuit gravement à la qualité de la formation qui est transmise. De nombreux projets de coopération ont déjà eu lieu et il est temps d’en finir avec ces projets infantilisants. La réforme de l’éducation, comme exposé dans des articles précédents, est un acte révolutionnaire qui fait appel à une volonté politique tenace. L’absence de cette réforme témoigne donc soit de ce manque de volonté, soit au contraire de l’existence d’une volonté ferme de maintenir la population sous le seuil de l’érudition.
Le manque d’infrastructure peut être aussi associé au sous-développement. A supposer même que ce soit la cause ultime, il faudrait rappeler que le développement passe justement par l’éducation de la population. Le refus d'investissement dans l’éducation consiste donc à saper toutes ses chances de parvenir au développement. En tout état de cause, la question du blocage politique se pose encore avec beaucoup d’acuité.
En ce qui concerne les cours, ceux-ci doivent être profondément réformés. Les cours d’histoire doivent être complètement réécrite en vue de redonner à l’Afrique ou à l’Africain, sa place dans l’histoire de l’humanité. Un travail de fond reste nécessaire pour réécrire tous les manuels en vue de détacher l’histoire de l’Afrique de la version qui a été écrite par le colonisateur. L’histoire est une construction politique. La manière de l’écrire et de la raconter est extrêmement importante pour former l’imaginaire collectif d’une nation. Dans le cas de l’Afrique, elle doit lui permettre de reprendre confiance en elle-même.
Dans les matières scientifiques, des objectifs clairs doivent être définis en termes de formation des ingénieurs, de scientifiques, ou tout autre forme de personnes compétentes en matière scientifique en vue de bâtir une économie de la connaissance. L’industrialisation et le développement en dépendent. La réforme des cours doit pouvoir commencer dès le cours primaire avec la réécriture des manuels de lecture. Certaines personnes ont pu déceler dans ces manuels, les germes du sous-développement de l’Afrique tellement l’apport culturel- au sens d’apport en connaissances basiques- y est pauvre.
En matière de formation civique et morale, les leçons de patriotisme et d’éducation à la fidélité à la cause continentale doivent être données. Enfin, l’éducation environnementale ne peut être mise de côté. Elle doit concerner tous les stades de l’éducation et doit faire l’objet d’une endogénéisation en vue de se conformer aux réalités africaines.






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