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Réformer l’éducation en Afrique (conclusion): un bloc idéologique pour l’Afrique

  • Photo du rédacteur: Dotse
    Dotse
  • 5 nov. 2021
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 nov. 2021

Une critique m’a été adressée récemment sur mes réflexions. Elle porte sur le fait que je parle souvent de l’Afrique à travers un prisme étroit, celui de ma vision personnelle, qui forcément ne peut pas être généralisée à l’échelle continentale. Cette critique est plutôt pertinente et me permet de mûrir ma réflexion. Toutefois, elle relève aussi d'une certaine forme de pédantisme d’une partie de l’Afrique qui, après avoir atteint un certain degré de développement, n’aime pas être associée au reste de l’Afrique.

Parler de l’Afrique comme d’un bloc homogène sans disparité idéologique et économique est donc une erreur qu’il m’est loisible de faire sciemment afin de mettre en exergue le fait que la construction de l’Afrique ne peut être une entreprise qui se limite à une échelle étatique.

La nécessité d’un bloc idéologie africaine est un constat qui découle de la compréhension de l’histoire et de la marche du monde. En effet, depuis la fin de la guerre froide, le monde est divisé essentiellement en deux (2) blocs idéologiques: le libéralisme “occidentale” et le communisme. Malgré quelques scissions et les querelles partisanes possibles dans ces deux groupes, il n’en demeure pas moins qu’ils restent d’un point de vue extérieur, des blocs étanches l’un par rapport à l’autre.

L’Afrique n’a pas constitué de bloc. A l’époque de la guerre froide, la plupart de ses pays constituaient des pays non-alignés. Il est inutile de juger aujourd’hui de l’opportunité de ce non-alignement. A l'époque de la décolonisation toutefois, des indépendantistes, par souci d’alliance contre l’impérialisme, ont été taxés de communiste et continuent par l’être, alors même qu’ils n’avaient pas plus de convictions capitalistes que communistes. C’est donc un passage obligé pour tous les peuples. Même ceux qui sont neutres pourront être rattachés de force à un bloc auquel ils n’appartiennent pas, parce que la catégorisation rend plus simple la conduite des relations géopolitiques.

La constitution d’un bloc idéologique africaine devrait permettre à celle-ci d’éviter d’être soumise à celle des autres continents. Hier, l’Afrique subissait le joug de l'impérialisme occidentale mais demain, ce sera celui de l’impérialisme communiste. Pour remédier à un tel ballottement, la solution n’est pas forcément de se rattacher à un bloc ou à l’autre mais d’en créer une qui soit compatible avec ses ambitions. En quoi pourrait consister ce bloc?

Il existe aujourd’hui une quatrième force idéologique et politique. C’est l’Islam. Si celle-ci est une force idéologique certaine, elle ne correspond pas à une forme de construction économique de la société contrairement aux deux premiers. Elle serait d’ailleurs au même titre que toutes les autres formes de religion, une source de clivage dont l’Afrique n’a pas besoin.

La solution, comme présentée dans un article précédent, est le panafricanisme. Même si elle emprunte certaines caractéristiques au phénomène religieux du point de vue de sa constance dogmatique, elle reste importante pour protéger l’Afrique de la pénétration extérieure. Elle n’est pas synonyme de xénophobie. Elle ne signifie pas que l’on ne peut apprendre des autres peuples ou ne pas collaborer avec eux. Elle signifie tout simplement qu’après tant d’années de prédation, de scandale, de trahison et d’écoulement du sang, l’Afrique doit pouvoir former ses habitants à défendre ses intérêts dans une vision continentale et non étatique.

Le rôle de l’éducation est donc là. Elle est un instrument à la fois idéologique, politique et pragmatique avec lequel l’Afrique peut tout aussi bien corriger ses tards et son retard sur le monde que se défendre.



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